À propos...

Jacky a commencé par l’élevage, avant de se laisser convaincre il y a plus de 15 ans  par mon projet fou fou de vouloir faire pousser des roses et des plantes qui soignent.
Les Chauvets sont ses racines maternelles, les miennes s’y sont développées avec délices, comme si j’avais toujours fait parti de ce lieu : un espace semi-montagnard préservé situé au cœur des gorges du Verdon dans les Alpes de Haute Provence.

Notre ferme est installée à 1200 mètres d’altitude.


À la croisé des influences méditerranéennes et montagnardes, les plantes de ce territoire expriment avec intensité les liens reliant tous les éléments visibles et invisibles: air, terre, eau et feu solaire.
C’est tout naturellement que nous avons choisi d’installer un alambic, renouant ainsi avec les anciennes pratiques des distillateurs de lavande sauvage.

Ma belle mère était originaire de ce petit pays perdu dans la montagne.


Un village, quelques hameaux, des fermes éparpillées sur un territoire superbe et difficile : terres pauvres, sols hérissés de cailloux, hivers rigoureux, confort inexistant : une lutte au quotidien pour survivre aux jours mauvais.
Une route carrossable a relié les Chauvets au reste du monde dans les années 1950, accompagnée par la fée électricité, mettant une fin relative à l’enclavement et l’isolement de ce bout du monde.

Le village des Chauvets, dont il ne subsiste aujourd’hui que l’église, la mairie-école attenante et le cimetière, a compté jusqu’à 300 âmes, deux fours et une école communale, où mon beau père, très jeune instituteur de la République était venu enseigner, avant d’enlever sa belle pour la conduire vers des cieux plus hospitaliers et plus cléments.

Les morts aux champs d’honneur, la rudesse d’y vivre, le désir bien légitime d’une vie plus facile, ont contribué à la désertification et à l’abandon du village.

Les terres cultivées par les anciens sont retournées aux ronces, aux églantiers géants et aux prunelliers.

Après avoir suivi le cursus d’herbaliste en 3 ans à  l’École Lyonnaise des Plantes Médicinales,
mené un BPREA pour reprendre l’activité quand l’heure de la retraite sonnerait pour Jacky, nous avons entamé le chantier en 2005, de ce qui était pour moi une reconversion.

Nous avons défriché pour remettre en culture: nous avons vu réapparaître les témoignages d’un passé inventif et laborieux, modeste et beau.
Superbes murs en pierres sèches défiant le temps, canaux d’irrigation creusés pour amener l’eau de la rivière par gravité, clapas gigantesques sur lesquels des générations ont entassé les pierres pour libérer des espaces vivriers, partout nous avons remis nos pas dans ceux de nos aînés.



Dans cet univers où domine le minéral,  nous cultivons et cueillons nos plantes selon le cahier des charges du syndicat SIMPLES et de l’Agriculture Biologique .

Toutes les plantes sont cultivées ou cueillies sur place, nous refusons d’aller chercher ailleurs ce qui ne pousse pas chez nous.
Petit à petit nous avons crée une gamme de produits de soins et de santé à base de plantes médicinales, gamme dans laquelle nous mettons tout notre amour pour ce lieu et ce qu’il nous offre.


Toutes les conditions sont réunies pour que pousse spontanément la lavande officinale : altitude et ensoleillement.
Nous la récoltons à  la faucille sur des stations situées entre 1300 et 1600 m : notre lavande est l’expression de son terroir : le passage par l’alambic permet de conserver intact l’énergie subtile et apaisante qui en émane.
C’est une période épuisante car il faut parcourir la montagne et nos sacs pèsent lourds, mais nos lieux de cueillettes sont d’une beauté à couper le souffle : l’énergie et la lumière qui en émanent nous porte et nous récompense à chaque fois.
Nous suivons d’invisibles traces :  celles des cueilleurs de Haute Provence qui, il a encore 60 ans, se penchaient sur les touffes odorantes, attentifs au rythme de la faucille , et récoltaient la lavande sauvage pour les parfumeurs de Grasse.

Nos pas, nous le sentons, empruntent les mêmes sentiers que  ceux de Léonce, oncle de Jacky, qui fut un des derniers à parcourir nos montagnes, faucille en main et le dernier à distiller à Chauvets.

C’est ce lien , entre ce qui fut et ce qui est que nous sommes fiers d’avoir renoué.

Et l’avenir ?
Yann notre fils nous a rejoint dans cette aventure, une nouvelle page va s’ouvrir...